
En France, des millions de familles se retrouvent prisonnières d'une même situation : un bien immobilier hérité, plusieurs héritiers, et aucune décision possible faute d'accord unanime. Un seul frère ou sœur qui refuse de vendre, un héritier injoignable, et la maison familiale reste bloquée pendant des années. La loi n° 2026-248 du 7 avril 2026, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale, apporte des réponses concrètes à ce problème.
Lorsqu'une personne décède en laissant plusieurs héritiers, ses biens entrent automatiquement en indivision. Jusqu'à présent, le Code civil imposait l'unanimité pour les grandes décisions : vendre, réaliser des travaux importants, signer un bail. Il suffisait qu'un seul indivisaire s'y oppose pour paralyser la situation indéfiniment. L'INSEE recensait 3,1 millions de logements vacants en France en 2023, et une part significative est liée à des successions non réglées.
Un mécanisme existait déjà depuis 2009 : les héritiers réunissant au moins deux tiers des droits indivis pouvaient demander en justice l'autorisation de vendre. La loi de 2026 ne touche pas à ce seuil, le Sénat ayant refusé de l'abaisser à la majorité simple pour protéger les indivisaires minoritaires, mais elle en simplifie l'accès. Les indivisaires majoritaires expriment leur intention devant notaire, qui notifie les autres héritiers. Sans accord dans les trois mois, un juge peut autoriser la vente.
La loi codifie aussi la possibilité pour un seul indivisaire d'obtenir en urgence, sur autorisation du président du tribunal judiciaire, l'autorisation de vendre seul si l'intérêt commun le justifie. Elle accélère par ailleurs les partages judiciaires en instaurant un binôme juge-notaire : si un héritier refuse de participer à la procédure, la décision est rendue sans lui et s'impose à lui.
La loi est promulguée depuis le 7 avril 2026. Les nouvelles règles de procédure n'entreront pleinement en vigueur qu'au début 2027, après publication du décret d'application.
Des biens jusqu'ici gelés vont progressivement revenir sur le marché, souvent dans un état nécessitant des travaux après des années d'inoccupation. Si vous êtes héritier d'un bien en Seine-Maritime et que vous vous trouvez dans une indivision bloquée, je peux vous orienter vers les bons interlocuteurs et vous accompagner dans la réflexion sur la mise en vente.
Sources : Loi n° 2026-248 du 7 avril 2026 ; Banque des Territoires ; LégiFiscal ; France Succession.